Au fond... ou Société pathétique
Au fond... Je suis quelque part déçue et triste d'apprendre certaines choses. Par exemple j'ai souvent entendu des hétéros me dire que prendre des hormones ce n'est pas bien pour l'organisme. Pourtant moi je les prends uniquement pour me faire belle: les effets que je recherches sont très clairement compris. Et je sais pourquoi je prends tout ça. Rien n'est fait au hasard pour moi et je vivrai probablement aussi vieille que n'importe qui. Toutefois en regardant sur le Net j'ai découverts des femmes qui se plaignent sur des forums médicaux. Elles ont des problèmes d'acné ou bien veulent un moyen de contraception, à mon grand étonnement, on leur prescris des hormones féminines et des anti-hormones mâles: exactement les mêmes que moi je prends. Je suis choquée et déçue encore plus par cette société... Prendre un peu d'hormones en tout état de conscience ce n'est pas mal. Mais comparé à ce qu'elles vivent elles: elles prennent quelque chose dont elle ne savent pas du tout ce que c'est. Elles se font manipuler par des médecins qui guident à leur place le chemin qu'elles doivent prendre. Ma déception pour l'être humain n'est pas rien, tout ça n'améliore pas les choses et ma tristesse de voir mes semblables se détruire m'attriste encore de plus en plus...
Comme si la déception avait atteint un point culminant, en fait j'en ai découvert une autre mais cette fois ci au sujet d'une personne proche, grâce à une autre. J'ai appris qu'une relation sexuelle comme les gens la comprennent c'est en quelque sorte un viol où l'on dit qu'on fait l'amour. L'acte est le même: pénétration du sexe de Monsieur dans le sexe de Madame par excitation sexuelle. Combien de pénis se sont dressés par amour? Très peu... Je ne sais pas si il en existe... Je sais seulement que l'amour que j'ai pour ma copine n'a jamais été une excitation sexuelle. La chaleur du corps, l'odeur de l'autre, l'intimité qui nous unis... Pour moi ça c'est faire l'amour même si il n'y a pas de "choses" sexuelles. Quand je dis que je suis mal lorsqu'on me parle de pénétration et d'amour en même temps: c'est très loin de l'expérience que j'en ai eu du monde hétéro-normé que je simplifie (à tort, certes) de "monde hétéro". (Pour moi, hétéro, homo, ça n'a aucun sens je n'y pense même pas: j'aime une personne un point c'est tout. Mais grâce aux hétéros il y a des homos: "ceux-là sont bizarre", dira-t-on, "ils font un accouplement entre personnes du même sexe". Leur logique est tellement tellement restrictive... Le problème ne s'arrête pas là, nombre sont les homos qui se définissent comme des "gens aux rapports sexuel anus-pénis". Ce n'est pas l'esprit et l'âme qui dominera leur sexualité animale! Alors finalement les hétéros sont parfois bien plus large d'esprit que les homos mais j'utilise encore "hétéro" dans mon jargon pour parler du beauf qui n'a aucune réflexion, aucune âme. Celui dont la société guide les pas. Mon idéal serait qu'il n'y aura ni hétéro ni homo.)
Alors oui c'est vrai, j'ai les larmes aux yeux en pensant à certains souvenirs, de mauvais expériences qui me marqueront encore sûrement très longtemps... Mais au fond de moi je n'ai pas changé, je suis encore celle qui savourait les caresses sur le corps et de douceurs qu'aujourd'hui je ne reçois presque plus. Je suis de ceux qui pensent que l'amour n'est pas dans l'acte. Je sais que je ne suis pas le seule à aimer de bien plus d'amour quelqu'un dont on peut être attiré physiquement, bêtement. C'est vrai que d'une certaine manière j'aime tout le monde et j'aime personne car au fond, même si je déteste la société, je l'aime quelque part, j'aime l'humain, l'être social. Je la cherche encore cette personne qui pense comme moi. Celle qui pense avec son cœur et exprime une spontanéité d'enfant. J'admire l'enfance, son innocence et sa sincérité à toute épreuve. Je redoute déjà l'âge adulte où ces jeunes gens deviendront aussi con que leur parent. Où sont partit ces sourires qui sont collés à leur visage? Un monde rempli de gens "sérieux" et soit-disant "rationnels" les attendent. Pourtant je haïs ce monde des adultes là.
Les gens pensent qu'être gentil c'est être cons car on se fait manipuler. En réalité l'équation n'est pas dans le bon sens: être con c'est être méchant. Plus on croit que les normes sociales sont des lois de la nature, plus on veut être sérieux et "être quelqu'un dans la société", et plus on est con... plus on est con. Voilà le risque de devenir bête et méchant: se jouer de ceux qui ont encore l'innocence et la beauté dans les yeux. Bien sûr ça ne va pas en s'améliorant: plus on est con et plus on est con... Et plus on est méchant.
Aujourd'hui la tour de Babel est tombée. Ses murs s'élèvent si haut, la chute était inévitable. Je réalise que encore une fois dans ma vie par amour j'ai pu faire des choses que jamais j'aurais pu faire à autrui: des abominations. Honte à moi! On arrête ici le massacre, je ne ferai plus un pas de plus dans cette direction. Stop!
Cette crise que (je sais) certains nommeront "identitaire" (même si elle n'a rien à voir avec l'identité) a commencé chez moi, dans mon appartement lorsque j'ai réalisé que tout ce que j'avais chéris et admiré chez les femmes: l'humanité, la spontanéité sont en fait des choses qui n'existe pas non-plus chez elle. Elles aussi sont éduquées par la société (d'une toute autre manière, certes mais) d'une manière qui va faire en sorte qu'elles vont penser aux autres avant de penser à elles mais qui, à coté de ça, va leur faire ressentir leur infériorité sexuelle et va les affirmer dans leur rôle de sous-homme de la société. Et comme si ça ne suffisait pas, la spontanéité à laquelle j'ai cru n'est en fait qu'une mascarade, un jeu de séduction pour l'homme qui la convoite.
Je suis triste mais surtout si déçue encore par la nature humaine. Qu'est-ce qu'elle est basique! Tenter de reproduire les schémas sociaux des animaux comme si l'humain vivait sur terre comme un singe dans un domaine où il existerait que des mâles et des femelles. Pathétique.


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