mercredi 21 mai 2008

Une partie de moi abandonnée (MàJ le 28/10/2008)

À quoi bon? Demain c'est pareil qu'aujourd'hui mais toujours pire: le temps avance... ou bien comme un ami disait: le temps ne change pas mais nous nous passons. Peu importe le temps, j'ai appris avec l'expérience qu'il n'est jamais trop tard pour s'épanouir dans la vie même "Si on aurait aimé que" car après tout: "Avec des "Si" on refait le monde" comme dit ma copine. Aujourd'hui ça y'est, je suis "CC" pour mes amis, une inconnue pour ceux qui ne me connaissent pas et un travlo pour ces derniers qui croient savoir qui je suis d'un seul coup d'œil. La vie semble être toute tracée lorsqu'on écoute ce que les autres disent mais en réalité: c'est l'ensemble de toutes les vies humaines qui semble le plus être "toute tracée". On ne sait jamais ce qu'une personne peut devenir car il y aura toujours une part d'elle qui nous étonnera toujours, tandis que dans la stupidité humaine, ce qu'on appelle "la société", cette part tend à être minime voir inexistante.

Mais voilà. Aujourd'hui je suis pour la société "une transsexuelle opérée qui a réussi son real-life teste". Tout ces termes me heurtent. Je crois encore pouvoir échapper au système mais je me rends compte également que nul ne peut véritablement en échapper. Pour peu qu'on ai un soupçon d'humanité, on se dit que l'on abandonnera pas les siens. Et pour peu qu'on soit rationnel: au fond, on fait un court passage sur cette terre pour permettre à l'humanité de progresser. Mais dans ce cas je suis un des seuls à penser ça car la plus part des gens ont l'air de bien se plaire dans ce système proche de la jungle. Mon meilleur ami est un faux aux yeux de la société dont il trahi les normes sans que celle-ci se rende compte: il joue à être quelqu'un de normal, dirait-on. Tandis que ma copine s'ouvre doucement l'esprit.

Je me suis faite opérée dans le but de pouvoir, psychologiquement, soutenir que je suis une femme à même titre que les autres. Et pourtant je n'en suis pas vraiment une: je place systématiquement mon statut d'être humain (quelque soit le genre ou la couleur) avant mon genre social. Me voilà castré avec la sécurité d'avoir quelque part des gamètes qui pourraient me servir à la procréation. Alors qu'au fond cet endroit n'est rien d'autre d'un nœud dans la toile sociale qui fera tout -malgré elle (oui, quelque fois)- pour me discrédité par mon statut d'"anormal" de la société.

Ma seule force réside dans la compréhension de ma personne et de mon existence ainsi que la capacité à comprendre ce qui m'entoure et qui leurs échappent. Je ne crois pas aux dons mais je constate sans me faire d'idée absolue que je suis la seule à réellement ouvrir (et à avoir ouvert) mon réseau de compréhension de manière aussi étendue.

Voilà pourquoi je pleurs... Ce que j'appelle mon "intégrité" psychique et morale est doublement atteinte. Non seulement je viens de me faire castrer à ma demande mais en plus j'ai soumis ce que j'appelle mon "humanité", la partie "humaine" de mon être à un dogme social très répandu. Et lorsque j'ai réalisé ma bêtise, j'ai pleuré. Mon seul réconfort c'est d'avoir obtenu en échange quelque chose qui me sert ludiquement. J'ai échangé un objet moral contre un objet ludique. Dans ce genre de cas on ne peut faire qu'une seule chose: se réjouir d'être encore en vie et qu'il n'y ai pas eu de "dégâts latéraux". J'en sortirai grandie plus que jamais.

________________________________

Mise à jour le 28/10/2008

Malgré tout je ne peux pas non-plus tout jeter comme si je n'avais rien gagné. Je n'ai pas fait tout ça uniquement pour une question "ludique". C'est surtout beaucoup plus pudique et confortable psychologiquement d'avoir le sexe féminin.


Gay Crawler Annuaire blog Journal Intime